Base Sous-Marine de BORDEAUX
- Bacalan -



Après une réunion entre HITLER et l'Amiral RAEDER, le 25 Juillet 1940, les états-majors allemand et italien décident de créer une Base Sous-Marine commune à BORDEAUX, sous la direction de l'Amiral Angelo PARONA, avec pour annexe La Pallice.

Elle est appelée "Betasom" (Béta lettre grecque pour Bordeaux, som pour sommergibili - sous-marin - en italien).

Le premier sous-marin vient de NAPLES. D'autres suivront. Ils appartiennent au 11ème Gruppo del Fero Subacqueo Italiano en Antlantico. Ceux sont le "Malaspina", le "Dandolo", le "Marconi" et le "Finzi". Entre Septembre et Novembre 1940, 28 sous-marins arrivent à Bordeaux et sont rejoint plus tard par 4 autres. (Détails)
Ils vont occuper les bassins n°1 et n°2, communiquant avec la Garonne à travers une écluse double, plus deux bassins de radoub et des hangars.
L'état-major et les équipages sont logés dans l'ancienne gare maritime de la Compagnie Transatlantique.


© Ufficio Storico della Marina Militare
Plan provenant de l'ouvrage "Les Sous-Marins Italiens en France" de Jean-Pierre Gillet

Photo : Bundesarchiv
Filets de camouflage pour protéger les sous-marins

© ECPAD
Trois sous-marins le long d'un quai de la Betasom
© ECPAD
Un des quais de la Betasom

© ECPAD
Un sous-marin italien sous son filet de camouflage à la Betasom


Deux paquebots sont donnés aux italiens : le "De Grasse" (Français de 18435 tonnes) et l"Usaramo" (Allemand de 7775 tonnes).
Le "De Grasse", mouillé près de la gare maritime, sert de relai radio et d'infirmerie (les cas graves sont envoyés aux hôpitaux de Bordeaux).
Les Allemands assurent la défense aérienne avec 6 canons de 88mm et 45 canons de 20mm.
Le bassin peut recevoir 30 sous-marins. Chaque quai peut fournir de l'air comprimé, de l'eau et de l'électricité aux sous-marins.
L'électricité est fournie par des groupes électrogènes venus d'Italie ou pris sur place.
Soixante dix techniciens viennent d'Italie pour aider aux réparations.
Les italiens créent une base satellite à La Pallice. Elle compte une cale-sèche et des quais pouvant accueillir trois sous-marins.
La Betasom est ouverte le 30 Août 1940 avec l'arrivée de l'Amiral Perona. De nombreux officiers supérieurs l'accompagnent.
Pendant son fonctionnement, la base compte 1600 marins, soldats, techniciens et ingénieurs.

En Août 1940, arrive à Bordeaux-Mérignac la KG40, avec comme principal appareil le Focke-Wulf FW-200 Condor.

La R.A.F. largue des mines magnétiques de 675 kg le long de l'estuaire (16-17 Octobre 1940) par des "HAMPDEM".
Résultat : 4 appareils seulement réussissent leur mission et 6 d'entre eux ne regagnent pas leur base. Bilan très lourd pour seulement 4 mines larguées !!

Dans la nuit du 08 au 09 Décembre 1940, les britanniques attaquent de nouveau la base italienne avec 40 bombardiers qui larguent des bombes et des mines.
Résultats : Dommages sur la base limités. Le paquebot "De Grasse" reçoit des éclats et le paquebot "Usaramo" est coulé.
Réactions : Les paquebot "Jacqueline" et "De Grasse" sont déplacés et mouillés plus loin. Le dépôt de torpilles est transféré à Pierroton. Le quartier général quitte Bordeaux pour la villa 'Moulin d'Ormon', les quartiers des officiers s'installent aux châteaux de Robat et de Tauzien et le reste du personnel à Gradignan.

Début 1941, construction du U-Bunker par l'O.T.-Einsatzgruppe WEST. Il est à noter que pendant sa construction et jusqu'en 1943, il n'y aura aucune attaque de la R.A.F.. Bordeaux est très éloigné de l'Angleterre (750kms).
L'Organisation Todt emploie 2500 prisonniers ou requis (Français, Russes, Espagnols, Portugais etc...).

Photo : Bundesarchiv
La base en construction


Début de la construction
Septembre 1941
Année de fin de la construction
1943
Bunker
235 mètres de long
162 mètres de large
23 mètres de haut
Annexe - Tour -
58 mètres de long
73 mètres de large
27 mètres de haut
Abrite : - Une installation de ventilation, une centrale électrique de secours, une chaufferie et 4 G.E. MAN de 350 cv chacun
Epaisseur du toit
7 mètres (5,6 de béton et 1,4 de poutrelles d'acier)
Nombre d’Alvéoles
11
Avec deux ponts roulants de 3 ou 5 tonnes chacune
Alvéoles 1 à 4
Bassins à flot
Longueur : 106,2 mètres
Largeur totale : 20 mètres
Largeur utile : 18 mètres
2 sous-marins par alvéole (poste A et poste B)
Alvéoles 5 à 8
Longueur : 103,9 mètres
Largeur totale : 13,5 mètres
Largeur utile : 12 mètres
1 seul sous-marin par alvéole
Alvéoles 9 à 11
Longueur : 96 mètres
Largeur totale : 12,5 mètres
Largeur utile : 11 mètres
1 seul sous-marin par alvéole
Remarques
Les alvéoles 5 à 11 peuvent être asséchées (possèdent des lignes de tins)
Les torpilles sont entreposées hors de l'U-Bunker
Un couloir avec une voie ferrée traverse le bunker derrière les alvéoles
Des magasins et des ateliers se trouvent à l'arrière des alvéoles
Ses extrémités sont fermés par des portes blindées
Des Diesels alternateurs assurent l'alimentation électrique en secours
Notes
Au Nord-Ouest de la base un Bunker abrite des cuves à mazout de 4 millions de litres
Dimensions : 80 mètres x 38 mètres avec une hauteur de 15 mètres

Plan de la Base Sous-Marine
L'U-Bunker

Deux écluses situées à l'entrée du bassin n°1 relient ce dernier à la Garonne (146 mètres x 22 mètres pour l'une, 135 mètres x 14 mètres pour l'autre).
Le risque de bombardement sur ces ouvrages, qui peuvent paralyser la B.S.M. font construire aux allemands une écluse bétonnée placée en parallèle par rapport aux deux autres.
Ses dimensions sont de 177 mètres x 23 mètres (115 et 13 mètres utiles) avec une hauteur de 30,9 mètres (dont 16 mètres au dessus du sol).
Elle ne sera jamais terminée et sera détruite entièrement en Septembre 1947.



Photo : Bundesarchiv
600 000 m³ de béton sont coulés pour sa construction.


Octobre 1942, la B.S.M. peut accueillir les premiers U-Boote de la 12.U-Flottille.
Les commandants des U-Boote de la 12.U-Flottille.
Flottille commandée par le K.K. Klaus Scholtz (U-108) d'Octobre 1942 à Août 1944, détenteur de l'U-Boot Abzeichen mit Brillanten.
Pour ses missions à très longue distance (jusqu'en Extrême-Orient ), elle est armée de U-Boote de type IX-D2.
Pour les ravitailler 9 U-Boote de type XIV et 5 de type X-B.
197 missions sont accomplies, ce qui représente 97 navires coulés avec un total de 526.976 tonnes.

Photo : Sud-Ouest
Base Sous-Marine "Betasom" à Bacalan

Le 17 Mai 1943, 34 "LIBERATOR" américains de la 8ème AIR FORCE, sous les ordres du Colonel HODGES, déversent 198 bombes de 225 kg sur la B.S.M..
Bilan : 176 bombes dans le périmètre de la B.S.M., portes d'écluses des bassins endommagées. Les bassins se vidant vers le fleuve, 5 sous-marins italiens s'échouent.
La B.S.M. n'a que quelques dégâts mineurs.
Des sous-marins japonais viennent, dont l'I8 du SHOSA commandé parle C.C. Tatsunasuke ARIZUMI, emmener divers produits rares au IIIème Reich comme à la B.S.M. de Lorient.


Après l'armistice de Septembre 1943, les allemands récupèrent 5 sous-marins italiens qui deviennent UIT 21 (Guisseppe Finzi) : commandé par l'O.L. Friedrich STEINFELDT , UIT 22 (Alpino Bagnoli I) : commandé par l'O.L. Karl WUNDERLICH, UIT 23 (Reginaldo Giulian) : commandé par l'O.L. Hans-Wener STRIEGLER, UIT 24 (Commandante Alfredo Cappellini) : commandé par l'O.L. Heinrich PAHLS et UIT 25 (Luigi Torelli) : commandé par l'O.L. Alfred MEIR.

Sur 43 U-Boote basés à Bordeaux (coulant 104 navires), 36 furent perdus. Les SOMMERGIBILI, sur 32 en perdirent 15 en opérations.

La B.S.M. est abandonnée fin Août 1944 (Dissolution de la 12.U-FLottille), laissant 2 U-Boote incapables d'appareiller, l'U-178 et l'U-188 qui sont sabordés. Reste également l'UIT 21.




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